Comme nous l’avons déjà mentionné, les idées de Darwin dans L’origine des espèces furent fortement influencées par l’économiste et le sociologue anglais de la population Thomas Robert Malthus.
Dans son Essay on the Principle of Population, as it Affects the Future (Essai sur le principe de population, en tant qu'il influe sur le progrès de la société) publié en 1798, Malthus affirmait que la population humaine augmentait tous les 25 ans selon une série géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256…) alors que la nourriture augmentait de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9…) ; donc, selon cette théorie, quand la population double, les ressources alimentaires montrent une croissance plus modeste. Malthus prétendait qu’en l’espace de 300 ans, le rapport entre la population et les ressources alimentaires serait de 4.096 pour 13. Par conséquent, les ressources allaient être insuffisantes pour la population augmentant rapidement. C’est pourquoi Malthus estimait qu’il était essentiel d’entamer une lutte sérieuse pour l’existence. Darwin fit la même revendication dans le sous-titre de son livre : L’origine des espèces : la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie)
Dans son essai, Malthus constatait que la rapide croissance de la population devait être arrêtée ; aussi proposa-t-il plusieurs solutions. Selon lui, la misère et le vice sont les deux principaux facteurs freinant la croissance de la population. Des phénomènes de famines ou d’épidémies étaient des exemples contrôlant la population. La guerre était un autre exemple. Malthus écrivit que la hausse rapide de la population pouvait être jugulée au moyen de guerres, de famines, de maladies, d’infanticides afin d’atteindre un équilibre entre la population et les ressources alimentaires. Quiconque pourvu de bon sens et de conscience s’accordera sur l’irrationalité et la brutalité horrible d’une telle déclaration. Une planification précise des revenus et des ressources essentielles pour le bien-être et la paix des sociétés est certes essentielle au futur de ces sociétés. Mais il est tout aussi évident qu’envisager des guerres et des massacres jetterait le futur d’une société dans les larmes et la souffrance.
Malthus proposa des recommandations illogiques. Il suggéra, par exemple, que toutes les mesures possibles fussent prises pour empêcher les couples de classes pauvres ou ouvrières d’avoir des enfants. Les idées malthusiennes atteignirent leur apogée en 1834 avec la promulgation d’une nouvelle loi en Angleterre mettant en place des “workhouses” (hospices) pour les pauvres. Dans le cadre de cette loi, les couples mariés dans les workhouses étaient séparés par des règles fixées afin de limiter la hausse de la population.
L’un des facteurs sous-jacents à ces mesures était la crainte constante que le nombre rapidement croissant des “classes inférieures” puisse envahir les individus plus civilisés. Cette raison est non fondée et le produit d’une manipulation. Il est tout d’abord inapproprié qu’un individu jouisse d’une supériorité sur qui que ce soit en raison de son statut matériel, de son rang social, de sa langue, de sa race ou de son genre. Dieu créa tous les êtres humains égaux. Les hommes gagnent en valeur grâce à leurs vertus morales et à leur crainte de Dieu, et non par l’accumulation matérielle ni par les attributs physiques.
A la suite de la Révolution Française, la classe moyenne anglaise apporta un immense soutien au malthusianisme. Soucieuse de conserver sa prééminence et son pouvoir, elle n’hésita pas à adopter des mesures radicales pour les préserver. C’est là une erreur caractéristique de ceux qui s’éloignent des valeurs morales religieuses. L’élite de l’époque pensait que le futur de la société tenait à la maximisation du nombre de riches et à la minimisation du nombre de pauvres. Il est clairement désirable d’augmenter le nombre de riches et la qualité de vie dans une société. Or les méthodes utilisées à cette fin sont de la plus haute importance. Augmenter la population des riches en massacrant les pauvres et en opprimant les nécessiteux, comme le suggère le darwinisme social est totalement inacceptable. Sans compter que le progrès d’une société ne se limite pas à l’augmentation de sa population riche. En l’absence de valeurs morales religieuses telles que l’honnêteté, l’altruisme, la modestie, la patience et la tolérance, les œuvres des riches nuiront à la société au lieu de lui profiter. Les plans d’amélioration des sociétés ne peuvent atteindre leurs objectifs que si la société renforce ces valeurs spirituelles en même temps qu’elle effectue des progrès matériels.
Cependant, nombreux furent ceux à l’époque de Malthus qui passèrent à côté de la vérité manifeste et qui défendirent ces idées perverses dont on connaît les tragiques conséquences.
Pour freiner la croissance de la population voici quelques unes des solutions radicales proposées par Malthus :
Loin de recommander aux pauvres la propreté, nous ferons naître des habitudes contraires. Dans les villes nous ferons des rues étroites, nous entasserons les hommes dans les maisons et nous ferons tant, qu'enfin la peste reviendra nous visiter. A la campagne, nous aurons soin de placer les habitations auprès des eaux croupissantes, et dans les situations malsaines et marécageuses. Gardons-nous surtout de ces préservatifs, que des hommes bienveillants opposent à certaines contagions.8
Malthus encourageait également la mort des bébés :
L'honneur et la justice me semblent y être également intéressées. Il faut désavouer publiquement le prétendu droit des pauvres à être entretenus aux frais de la société. A cet effet, je proposerais qu'il fût publié une loi portant que l'assistance des paroisses serait refusée aux enfants nés… Par rapport à la société, un enfant peut être aisément remplace…
Tous les enfants qui naissent au-delà du nombre nécessaire pour maintenir la population en cet état, doivent nécessairement périr, à moins que les adultes ne meurent pour leur faire place.9
Malthus avait l’esprit suffisamment bancal pour justifier la mort de nouveaux-nés pour le futur de la société. On peut supposer que cette vision erronée appartenait au passé et qu’elle n’a plus sa place aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans la Chine moderne, le contrôle de la population se fait au moyen du meurtre de nouveaux-nés, rendant évidents les effets permanents sur les sociétés des idées destructrices de Malthus et de son partisan Darwin. L’état communiste chinois essaie d’empêcher son propre peuple de vivre sous des valeurs morales religieuses, et le considère sous un œil darwiniste. C’est pourquoi, en plus de l’énorme vide social et moral, les êtres humains sont forcés de travailler dans des camps de travail dépourvus des conditions humaines les plus basiques. Les enfants dont les parents ont dépassé le nombre d’enfants autorisés par l’état sont rassemblés et tués. Les individus sont exécutés pour des “crimes de pensées”, les exécutions prenant des formes de cérémonies sociétales. La Chine contemporaine est un exemple de ce qui attend une société tombée sous l’influence des idées darwinistes.
Les thèses de Malthus préparèrent non seulement une loi oppressante empirant les conditions des pauvres en Angleterre, mais rendirent aussi les problèmes sociaux encore plus difficiles. Ces thèses, encore défendues par certains aujourd’hui, conduisirent à une théorie (le darwinisme) dont nous connaissons les conséquences désastreuses (chaos, guerres, racisme, athéisme). Elles n’ont pourtant aucune base scientifique. Les idées de Malthus furent en effet inspirées par une histoire de chèvres et de chiens, dont personne n’est sûr.
Des chèvres et des chiens au darwinisme
La véritable source d’inspiration de Malthus pour son essai fut une histoire de chèvres d’une île du pacifique qui auraient été laissées là-bas par un navigateur espagnol Juan Fernandez. D’après cette fable, ces chèvres se multiplièrent et devinrent une source de viande pour les marins faisant escale sur cette île. Mais les chèvres se reproduirent si rapidement qu’elles consommèrent toute la nourriture disponible sur l’île. Afin d’empêcher les corsaires anglais – qui s’attaquaient au commerce espagnol – d’utiliser la viande des chèvres, les Espagnols débarquèrent des chiens mâles et femelles sur l’île. Le nombre de chiens augmenta au fur et à mesure jusqu’à tuer la plupart des chèvres.
Condorcet Townsend, le mathématicien et révolutionnaire français, écrivit que de cette manière, un équilibre naturel s’était établi : “La plus faible des deux espèces fut la première à payer le tribut de la nature ; la plus active et la plus vigoureuse parvint à se préserver. C’est la quantité de nourriture qui régule le nombre de l’espèce humaine.”10
Comme nous l’avons déjà remarqué, diverses circonstances naturelles peuvent avoir un effet sur la hausse ou la baisse du nombre d’animaux et sur la survie ou la disparition d’espèces. Il est néanmoins grave de supposer que cette dynamique s’applique également aux sociétés humaines. L’expérience montre les résultats terribles de la mise en pratique d’un tel principe.
Sous la Loi des Pauvres en application à l’époque en Grande-Bretagne, les pauvres n’étaient pas poussés à la famine, mais forcés à travailler très dur. Townsend affirmait que ces lois obligeant les pauvres à travailler débouchèrent à des difficultés et des protestations excessives. Au lieu de cela, il suggérait qu’il était plus raisonnable d’affamer la population pauvre. Selon Townsend, “la faim apprivoise les animaux les plus féroces et leur enseigne la politesse, l’obéissance et la soumission”.11 Cette attitude impitoyable et excessive provient du classement, à tort, des hommes selon leurs ressources matérielles et leurs attributs physiques. Une telle discrimination incompatible avec les valeurs morales religieuses provoqua la rupture de l’ordre social en menant au chaos, à l’anarchie et au conflit au cours de l’histoire.
Comme pour Townsend, l’histoire des chèvres et des chiens constitua la base des thèses de Malthus. Elle est également la source de l’expression “la survie du plus apte” employée par Herbert Spencer et de la notion de “l’évolution par la sélection naturelle” de Darwin.
La transposition aux êtres humains de certaines règles s’appliquant au règne animal fut une erreur majeure commise en chaîne par d’abord Townsend, ensuite Malthus, puis Spencer et Darwin. Ils virent dans les hommes des créatures sauvages qui ne pouvaient être contenues que par des mesures radicales comme la guerre, la faim et la pauvreté. Cependant, la vérité est que les hommes sont dotés d’une raison et de bon sens. Ils agissent en accord avec leur logique et leur conscience et non selon leurs instincts comme le font les animaux.
Les affirmations de Malthus ne sont pas
basées sur des données scientifiques
A l’époque, la théorie de Malthus reçut le soutien de divers cercles et servit de fondation à un certain nombre d’idéologies et mouvements pervers durant le siècle suivant. Elle ne s’appuie néanmoins sur aucune base scientifique et est criblée d’incohérences. Par exemple :
1) A l’époque où Malthus rédigea son essai, il n’avait aucune donnée à sa disposition concernant les croissances des populations. Le premier recensement national en Grande-Bretagne fut effectué en 1801, soit trois ans après la parution de son essai. Toujours est-il que pour calculer le taux de croissance de la population, Malthus aurait eu besoin des statistiques antérieures à 1801. Il n’avait, par conséquent, aucune statistique pour dessiner un schéma de croissance. Ses affirmations sont entièrement basées sur des présuppositions.
2) Malthus ne disposait pas non plus de données lui permettant de calculer la croissance des ressources alimentaires. A l’époque, il n’existait pas d’inventaire sur la superficie des terres en culture, ni sur les quantités récoltées. Une fois de plus, il se laissa aller à la conjecture.
3) La loi proposée par Malthus se contredit elle-même. Il suggérait que les populations augmentaient géométriquement. Dans ce cas-là, les populations animales et végétales devaient également augmenter géométriquement, ce qui forme la base même de la vie humaine. En pratique, cependant, les animaux, les plantes et les hommes ne se multiplient pas géométriquement. Leurs taux de croissance varient selon les circonstances dominantes. L’écosystème entier, y compris les hommes, existe au sein d’un équilibre des plus stables. L’ordre naturel est bien loin de la règle “manger ou être mangé”, c’est-à-dire de la dite lutte pour l’existence proposée par Malthus et Darwin.
En résumé, les déclarations erronées et illogiques de Darwin ne reposent sur aucune base scientifique. Pourtant cela n’empêcha pas Darwin d’élaborer sa théorie de l’évolution sur les conjectures de Malthus.
Darwin le malthusien
Dans son autobiographie, Darwin écrivit :
En octobre 1838, soit quinze mois après le début de mon enquête systématique, je lisais Malthus et son livre sur la population pour me divertir, et étant bien préparé à apprécier la lutte pour l’existence partout à partir de longues observations des habitudes des animaux et des végétaux, je fus soudainement frappé que dans ces circonstances, des variations favorables tendraient à être préservées et les défavorables seraient détruites. Le résultat serait alors la formation de nouvelles espèces. Là, je disposais enfin d’une théorie sur laquelle travailler.12
Les concepts de l’évolution par la sélection naturelle et la lutte pour l’existence prirent forme dans l’esprit de Darwin après avoir lu Malthus. Dans L’origine des espèces, Darwin admettait qu’il était complètement d’accord avec Malthus :
Il n’y a aucune exception à la règle que tout être organisé se multiplie naturellement avec tant de rapidité que, s’il n’est détruit, la terre serait bientôt couverte par la descendance d’un seul coup. L’homme même, qui se reproduit si lentement, voit son nombre doublé tous les vingt-cinq ans, et, à ce taux, en moins de mille ans, il n’y aurait littéralement plus de place sur le globe pour se tenir debout.13
Darwin décrivait la relation entre la théorie de Malthus et la thèse de la sélection naturelle ainsi :
Comme il naît plus d’individus qu’il n’en peut vivre, il doit y avoir, dans chaque cas, lutte pour l’existence, soit avec un autre individu de la même espèce, soit avec des individus d’espèces différentes, soit avec les conditions physiques de la vie. C’est la doctrine de Malthus appliquée avec une intensité beaucoup plus considérable à tout le règne animal et à tout le règne végétal... 14
Ces idées de Darwin, ayant trouvé un appui dans la pensée tordue de Malthus, ne possèdent aucune preuve scientifique. Par ailleurs, cette perspective cruelle soutient que la planification de la population peut être assurée par l’élimination des faibles et des pauvres. Cela équivaut à prêcher tout simplement l’éradication des faibles. Considérer la vie comme une jungle où la survie se fait dans une lutte impitoyable au lieu d’un havre de paix, de sécurité et de compréhension plongea les sociétés dans les pires catastrophes.
De Malthus à une vision du monde impitoyable
En dépit de la faiblesse scientifique des opinions de Malthus et Darwin, ils reçurent un vaste soutien. Nous devons en rechercher la raison dans la période où ils vivaient, c’est-à-dire dans l’Angleterre de la révolution post-industrielle. Suite à la révolution industrielle, l’aristocratie anglaise était tiraillée entre la crainte de perdre son statut et son pouvoir face à la classe ouvrière montante et son besoin en main-d’œuvre abondante et peu chère. Face à ce dilemme, la classe dirigeante anglaise tira la conclusion que “la classe inférieure” devait être affaiblie, maintenue sous contrôle, opprimée et exploitée au travail. En affirmant que les ressources alimentaires étaient insuffisantes face à la croissance rapide de la population, Malthus suggérait que la solution était d’empêcher “les ordres inférieurs” de se multiplier, impulsant un certain nombre de mesures contre les pauvres. Darwin appliqua la thèse de Malthus aux sciences naturelles et à la biologie, lui octroyant ainsi un déguisement pseudo-scientifique.
Dans son livre Social Darwinism in American Thought (Le darwinisme social dans la pensée américaine), Richard Hofstadter dit à propos du soutien de Darwin à la thèse de Malthus :
Le malthusianisme devint populaire en Angleterre… Il servit également à soulager la responsabilité des riches envers les souffrances des pauvres. Le cours des événements démontra que Malthus avait tort, mais juste lorsque sa théorie disparaissait de l’économie politique, elle reçut le nouveau soutien de la biologie darwinienne.15
Dans un article, le chercheur et écrivain Ian Taylor exprime son opinion concernant les idées dégénérées de la thèse malthusienne :
La leçon dans tout cela est que Darwin et les autres qui rejetaient Dieu et la promesse de Sa providence et de Son intervention ont trouvé dans le principe de Malthus un spectre terrifiant de tragédie et de désespoir qui les conduisit vers des propositions éthiques absurdes. Cela en dépit des faiblesses et des déficiences évidentes de l’argument de Malthus.16
Bien que la science réfuta la facette “impitoyable, désespérante et insensée” du principe de Malthus, il n’en demeura pas moins influent jusqu’à nos jours. Le livre de Ian Taylor In the Minds of Men (Dans l’esprit des hommes) résume la chaîne de cruauté qui commença avec Malthus et se termina avec Hitler :
La maxime sur laquelle Malthus basa sa pensée était ce qui allait devenir plus tard “la survie du plus apte”. La notion remonte à Condorcet, Malthus, Spencer, Wallace et Darwin. Elle proliféra enfin au point d’influencer des hommes tels que Adolf Hitler, mais nous devons nous rappeler que tout commença avec un conte de chèvres et de chiens.17
Comme nous l’avons vu, divers administrateurs et dirigeants cherchèrent à masquer leurs propres intérêts derrière les opinions de Malthus. Divers formateurs d’opinion avec leurs propres soucis idéologiques influencèrent fortement les idées suscitant l’acceptation générale. Les désastres causés par le soutien accordé à cette vision du monde cruelle furent sans commune mesure. Au fil des pages suivantes, nous examinerons comment cette perspective impitoyable lancée par Malthus gagna en force sous le nom de darwinisme social – et ce qu’il en coûta à l’humanité.
LES “BARONS VOLEURS”,
LES PARTISANS DE DARWIN
Le darwinisme est à l’origine de nombreux dangereux mouvements intellectuels, idéologies et pratiques ayant subsisté jusqu’à présent. Il est tout à fait intéressant de voir qu’il constitue la source d’idéologies complètement opposées. Le darwinisme joua un rôle dans la naissance et le développement du nazisme, du fascisme et du communisme, dans la justification des massacres racistes et communistes, ainsi que dans la validation pseudo-scientifique du “capitalisme sauvage”. En Grande-Bretagne victorienne et en Amérique en particulier, le darwinisme fut acclamé et considérablement renforcé en raison de l’appui qu’il apportait aux capitalistes impitoyables connus sous le nom des “barons voleurs”.
L’erreur essentielle du capitalisme sauvage fut de n’instaurer aucune limite à la manière d’écraser, exploiter et éliminer les entreprises plus faibles (et aussi les individus). Aujourd’hui, on résume ce principe par l’expression : “les gros poissons mangent les petits”. En d’autres termes, les petites entreprises sont éliminées – ou acquises – par les plus grandes. C’est le darwinisme appliqué au monde des affaires.
Pendant le 20ème siècle, le monde essaya deux modèles économiques différents : le modèle libéral basé sur la propriété privée et la libre intervention et le modèle socialiste reposant sur la propriété d’état et l’économie planifiée. Les économies socialistes échouèrent dans tous les pays, réduisant leurs populations à la pauvreté et à la misère. En revanche, les économies libérales exhibèrent un succès indéniable, contribuant à un meilleur bien-être des individus et des sociétés.
Or le modèle libéral en soi ne suffit pas à garantir le bien-être à une société entière. Certes, le bien-être économique de la société augmente mais tout le monde ne profite pas de cette croissance. Les pauvres restent pauvres et les dangers de l’injustice sociale commencent à croître. Pour empêcher ce danger et pour éliminer l’injustice sociale, deux choses sont nécessaires :
1) L’état doit tendre la main aux laissés pour compte et aux chômeurs, dans le cadre d’“un état social” en prenant des mesures en leur faveur.
2) Les sentiments de coopération et de solidarité requis par les valeurs morales religieuses doivent imprégner la société entière.
La deuxième condition est particulièrement essentielle, car en fin de compte elle tend à définir la première. Si une société accorde de l’importance aux valeurs religieuses et morales, alors l’économie libérale qu’elle applique pourvoira à la fois au développement économique et à la justice sociale. Les riches utiliseront une partie de leur capital acquis pour aider les pauvres et établir des programmes sociaux pour soutenir les faibles. (C’est en effet le modèle économique révélé par Dieu dans le Coran. La propriété privée existe en Islam, mais les propriétaires se doivent de consacrer une partie de leurs actifs, sous forme d’aumônes, à l’assistance aux pauvres et aux nécessiteux.)
Si une société tombe dans la dégénérescence morale, alors l’économie libérale se transforme en “capitalisme sauvage” où les pauvres et les sans-abris sont opprimés et ne reçoivent aucune aide, où les programmes d’assistance sociale sont inexistants et où l’injustice sociale est considérée non comme un problème mais comme un état “naturel” des choses.
Le modèle économique que nous critiquons ici n’est pas celui de l’économie libérale – basé sur la propriété privée et la concurrence – mais celui du capitalisme sauvage.
Sa source se trouve auprès du darwinisme social.
Ce sont les Américains qui, les premiers, mirent en application les pratiques darwinistes dans le monde des affaires. Ils furent surnommés les “barons voleurs”. Ils croyaient au darwinisme et estimaient que l’idée de “survie du plus apte” justifiait leurs pratiques impitoyables.18 Il en résulta une concurrence acharnée en affaires, conduisant parfois même au meurtre. L’unique objectif des barons voleurs était de maximiser leurs gains et d’acquérir encore plus de pouvoir. Ils n’avaient aucun intérêt dans le bien-être social, même pour leurs propres ouvriers. Des millions de vies furent ruinées avec l’entrée du darwinisme dans la sphère économique, instaurant des salaires extrêmement bas, des conditions de travail désastreuses et des horaires interminables. Le manque de mesures de sécurité expliquait les maladies, les blessures voire les morts des ouvriers.
Les cruautés des employeurs darwinistes
La révolution industrielle commencée en Grande-Bretagne et rapidement répandue dans le reste du monde vit la construction de nouvelles usines et machines. Les ouvriers étaient fréquemment blessés parce que les employeurs n’accordaient aucune valeur à la vie humaine, en particulier celle des ouvriers. Aussi refusaient-ils de prendre les précautions de sécurité nécessaires. La plupart des blessures menaient soit à la mort soit à l’amputation de membres. On estime que dans les années 1900, un million d’ouvriers périssaient, souffraient d’handicaps sérieux ou de maladies chaque année.19
Pour les ouvriers travaillant toutes leurs vies dans une usine, la perte d’un membre ou d’un organe était pratiquement inévitable. Pendant leur vie active, plus de la moitié des ouvriers souffraient de maladies ou de blessures sérieuses comme la perte d’un bras, d’une jambe, de la vue ou de l’ouïe. Les ouvriers fabriquant des chapeaux à bord rigide souffraient d’empoisonnement au mercure. Presque tous les peintres de cadran au radium finissaient avec un cancer.20
Bien que les employeurs fussent pleinement conscients des conditions de travail et des accidents, certains ne prirent aucune mesure en faveur d’une amélioration des conditions. De nombreux ouvriers des fonderies d’acier travaillaient douze heures de suite dans des températures atteignant 40 à 50°C pour de très bas salaires.21 En 1892, le président américain Benjamin Harrison résuma ces conditions de travail inhumaines en disant que chaque jour, l’ouvrier moyen américain affrontait les mêmes périls qu’un soldat en guerre.22
Certains hommes d’affaires capitalistes n’attachaient aucune importance à la vie humaine et la considéraient renouvelable. Pendant la seule construction des chemins de fer, des centaines perdirent la vie en raison des mauvaises conditions.23 L’un des exemples les plus frappants de cruauté est celui de l’entrepreneur J. P. Morgan qui acheta 5.000 fusils défectueux à 3,50$ la pièce pour les revendre à l’armée américaine pour 22$. Autrement dit, il avait perdu toute trace de sens moral au point qu’il était capable de tromper sa propre nation et de mettre en danger la vie des soldats. Les soldats qui utilisèrent ces fusils eurent les pouces réduits en bouillie.24 Les troupes poursuivirent en justice Morgan, mais perdirent parce qu’à cette époque les tribunaux émettaient des jugements favorisant les barons voleurs.25
Quand on demanda à l’un des employeurs capitalistes de construire un toit de protection pour ses ouvriers, il répondit que “ces hommes valaient moins que des tuiles” – un autre exemple de cruauté de cette époque.26
A la racine de toute cette indifférence, l’influence du darwinisme se discerne clairement. Une vision du monde qui assimile les humains à une espèce animale, qui pousse à croire à l’infériorité de certains hommes, qui fait prévaloir le pouvoir conduit inévitablement à l’oppression, à l’absence de pitié et à la cruauté.
Les dommages causés par le darwinisme
dans le monde des affaires
La plupart des entrepreneurs qui soutenaient le capitalisme effréné avaient été en réalité élevés dans la foi de Dieu. Plus tard, sous l’influence des suggestions trompeuses du darwinisme, ils abandonnèrent leur croyance. L’industriel américain Andrew Carnegie, l’un des grands noms de l’industrie de l’acier au 19ème siècle, s’était d’abord consacré au christianisme. Dans son autobiographie, il décrivait ouvertement comment lui et nombre de ses amis étaient tombés sous l’influence du darwinisme.
Pourtant, la théorie de l’évolution que Carnegie considérait comme un fait était entièrement fausse. Dans les années qui suivirent, les progrès en science révélèrent le véritable visage de cette supercherie. Cela n’empêcha pourtant pas d’autres hommes d’affaires de tomber dans la même erreur que Carnegie, en se ralliant au capitalisme sauvage. La concurrence acharnée devint ainsi parfaitement justifiée dans la mesure où elle permettait de gagner davantage d’argent et d’abandonner les valeurs altruistes liées à la vie humaine.
Carnegie estimait que la concurrence était une règle de vie inévitable, aussi élabora-t-il toute sa philosophie autour de cette idée fausse. Il défendait l’idée que bien que la loi de la concurrence fût difficile pour certains, elle valait mieux pour la race, car elle assurait la survie du plus apte dans tous les domaines.27
Carnegie fut initié au darwinisme par des penseurs dits libres et illuminés à la recherche d’une “nouvelle religion de l’humanité”, qu’il rencontra au domicile d’un professeur de l’Université de New York.28 L’un des membres du cercle intime de Carnegie n’était autre que Herbert Spencer, disciple de Darwin et l’une des plus hautes personnalités du darwinisme social. Ces entrepreneurs adoptèrent la pensée de Spencer et de Darwin, mais étaient incapables de calculer l’impasse vers laquelle ils se jetaient, eux et leurs sociétés.
Richard Milner, anthropologue au Musée Américain d’histoire naturelle et auteur de The Encyclopedia of Evolution (L’encyclopédie de l’évolution), décrit comment Carnegie tomba sous l’influence du darwinisme :
Carnegie se lança dans les affaires pour devenir un puissant magnat impitoyable exploitant l’homme et la terre, écrasant la concurrence et justifiant ses actions par la philosophie du darwinisme social. La concurrence commerciale, croyait-il, rendait service à la société en éliminant les éléments faibles. Ceux qui survivaient en affaire étaient les plus forts et méritaient par conséquent leurs positions et leurs récompenses.29
Carnegie et ceux qui partageaient ses idées commirent une grave erreur en supposant que le pouvoir et l’absence de scrupules faisaient partie de la vie des affaires. Il est parfaitement naturel que l’homme gagne sa vie afin de vivre confortablement. Il est en revanche inacceptable de faire du mal à autrui, de fermer les yeux face aux difficultés des autres au nom de la sauvegarde de ses propres intérêts ou d’opprimer afin d’augmenter son pouvoir. Dieu enjoint à l’homme d’être honnête en affaires, comme dans toutes les autres sphères, et de protéger les droits des indigents. Suggérer que l’abus des faibles ou la volonté d’éliminer ceux-ci contribue au bien de la société est un énorme mensonge.
Vers la fin de sa vie, Carnegie recourrait toujours aux expressions de Darwin dans ses conversations, déclarations et écrits. Dans son livre Andrew Carnegie, l’historien Joseph F. Wall écrivit :
Non seulement dans ses articles et ses livres publiés, mais aussi dans ses lettres personnelles à ses contemporains, Carnegie fait des allusions fréquentes et faciles au darwinisme social. Des expressions telles que “la survie du plus apte”, “l’amélioration de la race” et “la lutte pour l’existence” s’échappaient facilement de son stylo et très probablement de ses lèvres. Il voyait effectivement le commerce comme une grande lutte concurrentielle… 30
Le célèbre industriel américain John D. Rockefeller se laissa également embourber dans les suggestions darwinistes. Il est l’auteur de cette phrase : “La croissance d’une grande entreprise n’est que la survie du plus apte… le résultat d’une loi de la nature…” 31
Le voyage de Spencer en Amérique décrit par Richard Hofstadter dans Social Darwinism in American Thought (Le darwinisme social dans la pensée américaine) illustre clairement les effets du darwinisme sur le monde des affaires :
Cependant, aussi imparfaite que fut l’appréciation des invités envers les subtilités de la pensée de Spencer, le banquet montra à quel point il était devenu populaire aux Etats-Unis. Sur le dock, alors que Spencer attendait son bateau le ramenant en Angleterre, il prit les mains de Carnegie et Youmans. “Voici”, dit-il aux journalistes, “voici mes deux meilleurs amis américains”. Venant de Spencer, il s’agissait d’un rare geste de chaleur humaine. Au-delà de cela, il symbolisait l’harmonie entre la nouvelle science (le darwinisme social) et la perspective d’une civilisation commerciale.32
Certains capitalistes adoptèrent le darwinisme social parce qu’il absolvait les riches de toute responsabilité envers les pauvres. Dans les sociétés où sont préservées les valeurs morales, le riche est supposé tendre la main pour aider le pauvre et le nécessiteux. Or le darwinisme social tenta d’éliminer cette vertu. Dans The Golden Door : The United States from 1876 to 1918 (La porte dorée : les Etats-Unis de 1876 à 1918), Isaac Asimov, l’écrivain connu pour ses œuvres de science-fiction et ses livres de vulgarisation scientifique, commentait cet aspect cruel du darwinisme social :
Spencer fabriqua l’expression “la survie du plus apte” et en 1884, il argumenta par exemple que les hommes inemployables ou pesant sur la société devaient mourir au lieu de faire l’objet de secours et de charité. Une telle mesure aurait éliminé les individus faibles et renforcé la race. C’était une philosophie horrible qui pouvait être utilisée pour justifier les pires impulsions de l’être humain.33
Les partisans du capitalisme sauvage soutenaient le darwinisme tout autant que les darwinistes les soutenaient. Par exemple, William Graham Sumner prétendait que les millionnaires étaient “les individus les plus forts de la société”, déduisant par là qu’ils méritaient en conséquence des privilèges particuliers et qu’ils furent “naturellement sélectionnés dans le creuset de la concurrence”.34 Dans un article à propos du darwinisme social, dans la revue The Humanist, le professeur de philosophie Stephen Asma décrit l’appui de Spencer envers les capitalistes :
Spencer inventa l’expression de la survie du plus apte et Darwin l’adopta dans les éditions ultérieures de L’origine des espèces… Selon Spencer et ses disciples américains – des entrepreneurs tels que John D. Rockfeller et Andrew Carnegie – la hiérarchie sociale reflète les lois inflexibles et universelles de la nature. La nature se déroule de sorte que les forts survivent et les faibles périssent. Ainsi, les structures économiques et sociales qui survivent sont “plus fortes” et meilleures, tandis que celles qui ne résistent pas sont évidemment vouées à couler.35
Mais les valeurs spirituelles et leur préservation représentent l’élément principal dans le progrès des sociétés. Là où l’esprit de coopération et de solidarité est fort, les hommes font preuve de compassion et respectent ce qui permet de surmonter plus facilement les difficultés économiques. Or quand les relations humaines disparaissent, quand les hommes manquent de compassion et de compréhension, quand les hommes considèrent leurs semblables comme des rivaux, les effets destructeurs commencent à émerger, en dépit du progrès économique. Par conséquent, tous les individus d’une société doivent proposer des solutions pour accroître la qualité de vie et le bien-être, pour contribuer à un environnement où les hommes peuvent jouir d’une sécurité économique et psychologique. Cet idéal n’est accessible qu’en ayant un mode de vie respectueux des valeurs morales religieuses. Il fut prouvé qu’aucun mouvement ni idéologie incompatible avec les valeurs morales religieuses ne peut garantir le bien-être, la paix et la sécurité auxquels aspirent les êtres humains.
Le capitalisme sauvage : le produit combiné
du darwinisme social et de l’incroyance
Depuis le 19ème siècle, les capitalistes darwinistes ont prétendu que seuls les riches et puissants avaient le droit de vivre et que les pauvres, les faibles, les handicapés et les malades étaient des “fardeaux inutiles”, établissant des systèmes oppressifs dans de nombreux pays. Dans ce climat de concurrence acharnée, il était parfaitement justifié d’exploiter, d’intimider, de menacer, de blesser et même de tuer des hommes. Aucune forme d’activités immorales ou illégales n’était contenue ou condamnée, puisqu’elles étaient “compatibles avec les lois de la nature”.
Dans les pays où les valeurs morales religieuses n’existent pas, ce système perdure. L’écart entre les riches et les pauvres augmente à un taux toujours plus grand et les conditions de vie des pauvres sont ignorées. La propagande du darwinisme social veut que la protection et le secours envers les indigents et les nécessiteux constituent une violation des lois de la nature. Puisque ces individus sont perçus comme un fardeau, ils ne doivent pas recevoir d’aide.
De grandes différences entre les niveaux de vie existent au sein d’un même pays ou entre deux pays. A mesure que le bien-être augmente rapidement en Occident, la famine, la maladie et la pauvreté ravagent les pays du Tiers Monde, où les hommes meurent d’être négligés. Alors que si les ressources mondiales étaient utilisées de marnière rationnelle et consciencieuse, les besoins de tous sauraient être satisfaits.
Afin d’employer les ressources mondiales humainement, il est essentiel d’éradiquer l’influence intellectuelle du darwiniste de la surface de la terre. Il suffit de substituer les opinions et la perspective darwiniste par les valeurs morales du Coran pour résoudre naturellement les problèmes. Le darwinisme inculque des idées de concurrence acharnée et d’oppression des pauvres tandis que les valeurs morales religieuses invitent à la compassion, à la protection, à la coopération mutuelle, à la solidarité et au partage. Notre Prophète (pbsl) disait dans un hadith :
“N’est pas croyant celui qui mange alors que son voisin a faim.”36
Ces sages paroles du Prophète (pbsl) laissent entendre l’affection et la compassion des musulmans.
Dans de nombreux versets, Dieu enjoint l’amour, la compassion, l’empathie et l’altruisme en donnant des exemples de comportement moral correct. Alors que le darwinisme social valide la manipulation des pauvres par les riches à des fins d’ascension, les valeurs morales islamiques ordonnent aux riches de protéger les indigents. Des versets à ce sujet suivent :
Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier de Dieu. Qu'ils pardonnent et absolvent… (Sourate an-Nur, 22)
Ils t'interrogent : “Qu'est-ce qu'on doit dépenser ?” Dis : “Ce que vous dépensez de bien devrait être pour les pères et mères, les proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents… ” (Sourate al-Baqarah, 215)
… Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux pauvre. (Sourate al-Hajj, 28)
Sur les biens desquels il y a un droit bien déterminé pour le mendiant et le déshérité. (Sourate al-Maarij, 24-25)
Ils offrent la nourriture, malgré leur amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier, disant : “C'est pour le visage de Dieu que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique”. (Sourate al-Insan, 8-10)
Dans le Coran, Dieu révèle la punition de ceux qui ne secourent pas les faibles et les pauvres :
Ils demanderont au sujet des criminels : “Qu'est-ce qui vous a acheminé à Saqar ?” Ils diront : “Nous n'étions pas de ceux qui faisaient la prière et nous ne nourrissions pas le pauvre.”(Sourate al-Muddattir, 41-44)
Puis, liez-le avec une chaîne de soixante-dix coudées, car il ne croyait pas en Dieu, le Très Grand, ni n'incitait pas à nourrir le pauvre. Il n'a pour lui ici, aujourd'hui, point d'ami chaleureux. (Sourate al-Haqqah, 32-35)
Il ne faut pas oublier que c’est Dieu Tout-Puissant, le Seigneur de toute existence et de tout l’univers qui accorde les gains et les succès. Un individu ne s’enrichit pas en s’adonnant à une concurrence sauvage dans “la lutte pour l’existence” ou en opprimant les faibles. Dieu distribue les richesses parmi les hommes afin de les éprouver. Le riche est en réalité testé par sa richesse, comme Dieu le révèle dans ce verset :
Nous avons placé ce qu'il y a sur la terre pour l'embellir, afin d’éprouver les hommes et de savoir qui d'entre eux sont les meilleurs dans leurs actions. (Sourate al-Kahf, 7)
L’homme est, par conséquent, responsable du meilleur usage de tous ces bienfaits accordés par Dieu, afin de gagner Son agrément. Le véritable croyant agit pleinement conscient que tout ce qu’il possède est un bienfait de Dieu et que Dieu peut à tout moment accroître ses biens ou les lui retirer.
Dans son Essay on the Principle of Population, as it Affects the Future (Essai sur le principe de population, en tant qu'il influe sur le progrès de la société) publié en 1798, Malthus affirmait que la population humaine augmentait tous les 25 ans selon une série géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256…) alors que la nourriture augmentait de manière arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9…) ; donc, selon cette théorie, quand la population double, les ressources alimentaires montrent une croissance plus modeste. Malthus prétendait qu’en l’espace de 300 ans, le rapport entre la population et les ressources alimentaires serait de 4.096 pour 13. Par conséquent, les ressources allaient être insuffisantes pour la population augmentant rapidement. C’est pourquoi Malthus estimait qu’il était essentiel d’entamer une lutte sérieuse pour l’existence. Darwin fit la même revendication dans le sous-titre de son livre : L’origine des espèces : la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie)
Dans son essai, Malthus constatait que la rapide croissance de la population devait être arrêtée ; aussi proposa-t-il plusieurs solutions. Selon lui, la misère et le vice sont les deux principaux facteurs freinant la croissance de la population. Des phénomènes de famines ou d’épidémies étaient des exemples contrôlant la population. La guerre était un autre exemple. Malthus écrivit que la hausse rapide de la population pouvait être jugulée au moyen de guerres, de famines, de maladies, d’infanticides afin d’atteindre un équilibre entre la population et les ressources alimentaires. Quiconque pourvu de bon sens et de conscience s’accordera sur l’irrationalité et la brutalité horrible d’une telle déclaration. Une planification précise des revenus et des ressources essentielles pour le bien-être et la paix des sociétés est certes essentielle au futur de ces sociétés. Mais il est tout aussi évident qu’envisager des guerres et des massacres jetterait le futur d’une société dans les larmes et la souffrance.
Malthus proposa des recommandations illogiques. Il suggéra, par exemple, que toutes les mesures possibles fussent prises pour empêcher les couples de classes pauvres ou ouvrières d’avoir des enfants. Les idées malthusiennes atteignirent leur apogée en 1834 avec la promulgation d’une nouvelle loi en Angleterre mettant en place des “workhouses” (hospices) pour les pauvres. Dans le cadre de cette loi, les couples mariés dans les workhouses étaient séparés par des règles fixées afin de limiter la hausse de la population.
L’un des facteurs sous-jacents à ces mesures était la crainte constante que le nombre rapidement croissant des “classes inférieures” puisse envahir les individus plus civilisés. Cette raison est non fondée et le produit d’une manipulation. Il est tout d’abord inapproprié qu’un individu jouisse d’une supériorité sur qui que ce soit en raison de son statut matériel, de son rang social, de sa langue, de sa race ou de son genre. Dieu créa tous les êtres humains égaux. Les hommes gagnent en valeur grâce à leurs vertus morales et à leur crainte de Dieu, et non par l’accumulation matérielle ni par les attributs physiques.
A la suite de la Révolution Française, la classe moyenne anglaise apporta un immense soutien au malthusianisme. Soucieuse de conserver sa prééminence et son pouvoir, elle n’hésita pas à adopter des mesures radicales pour les préserver. C’est là une erreur caractéristique de ceux qui s’éloignent des valeurs morales religieuses. L’élite de l’époque pensait que le futur de la société tenait à la maximisation du nombre de riches et à la minimisation du nombre de pauvres. Il est clairement désirable d’augmenter le nombre de riches et la qualité de vie dans une société. Or les méthodes utilisées à cette fin sont de la plus haute importance. Augmenter la population des riches en massacrant les pauvres et en opprimant les nécessiteux, comme le suggère le darwinisme social est totalement inacceptable. Sans compter que le progrès d’une société ne se limite pas à l’augmentation de sa population riche. En l’absence de valeurs morales religieuses telles que l’honnêteté, l’altruisme, la modestie, la patience et la tolérance, les œuvres des riches nuiront à la société au lieu de lui profiter. Les plans d’amélioration des sociétés ne peuvent atteindre leurs objectifs que si la société renforce ces valeurs spirituelles en même temps qu’elle effectue des progrès matériels.
Cependant, nombreux furent ceux à l’époque de Malthus qui passèrent à côté de la vérité manifeste et qui défendirent ces idées perverses dont on connaît les tragiques conséquences.
Pour freiner la croissance de la population voici quelques unes des solutions radicales proposées par Malthus :
Loin de recommander aux pauvres la propreté, nous ferons naître des habitudes contraires. Dans les villes nous ferons des rues étroites, nous entasserons les hommes dans les maisons et nous ferons tant, qu'enfin la peste reviendra nous visiter. A la campagne, nous aurons soin de placer les habitations auprès des eaux croupissantes, et dans les situations malsaines et marécageuses. Gardons-nous surtout de ces préservatifs, que des hommes bienveillants opposent à certaines contagions.8
Malthus encourageait également la mort des bébés :
L'honneur et la justice me semblent y être également intéressées. Il faut désavouer publiquement le prétendu droit des pauvres à être entretenus aux frais de la société. A cet effet, je proposerais qu'il fût publié une loi portant que l'assistance des paroisses serait refusée aux enfants nés… Par rapport à la société, un enfant peut être aisément remplace…
Tous les enfants qui naissent au-delà du nombre nécessaire pour maintenir la population en cet état, doivent nécessairement périr, à moins que les adultes ne meurent pour leur faire place.9
Malthus avait l’esprit suffisamment bancal pour justifier la mort de nouveaux-nés pour le futur de la société. On peut supposer que cette vision erronée appartenait au passé et qu’elle n’a plus sa place aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans la Chine moderne, le contrôle de la population se fait au moyen du meurtre de nouveaux-nés, rendant évidents les effets permanents sur les sociétés des idées destructrices de Malthus et de son partisan Darwin. L’état communiste chinois essaie d’empêcher son propre peuple de vivre sous des valeurs morales religieuses, et le considère sous un œil darwiniste. C’est pourquoi, en plus de l’énorme vide social et moral, les êtres humains sont forcés de travailler dans des camps de travail dépourvus des conditions humaines les plus basiques. Les enfants dont les parents ont dépassé le nombre d’enfants autorisés par l’état sont rassemblés et tués. Les individus sont exécutés pour des “crimes de pensées”, les exécutions prenant des formes de cérémonies sociétales. La Chine contemporaine est un exemple de ce qui attend une société tombée sous l’influence des idées darwinistes.
Les thèses de Malthus préparèrent non seulement une loi oppressante empirant les conditions des pauvres en Angleterre, mais rendirent aussi les problèmes sociaux encore plus difficiles. Ces thèses, encore défendues par certains aujourd’hui, conduisirent à une théorie (le darwinisme) dont nous connaissons les conséquences désastreuses (chaos, guerres, racisme, athéisme). Elles n’ont pourtant aucune base scientifique. Les idées de Malthus furent en effet inspirées par une histoire de chèvres et de chiens, dont personne n’est sûr.
Des chèvres et des chiens au darwinisme
La véritable source d’inspiration de Malthus pour son essai fut une histoire de chèvres d’une île du pacifique qui auraient été laissées là-bas par un navigateur espagnol Juan Fernandez. D’après cette fable, ces chèvres se multiplièrent et devinrent une source de viande pour les marins faisant escale sur cette île. Mais les chèvres se reproduirent si rapidement qu’elles consommèrent toute la nourriture disponible sur l’île. Afin d’empêcher les corsaires anglais – qui s’attaquaient au commerce espagnol – d’utiliser la viande des chèvres, les Espagnols débarquèrent des chiens mâles et femelles sur l’île. Le nombre de chiens augmenta au fur et à mesure jusqu’à tuer la plupart des chèvres.
Condorcet Townsend, le mathématicien et révolutionnaire français, écrivit que de cette manière, un équilibre naturel s’était établi : “La plus faible des deux espèces fut la première à payer le tribut de la nature ; la plus active et la plus vigoureuse parvint à se préserver. C’est la quantité de nourriture qui régule le nombre de l’espèce humaine.”10
Comme nous l’avons déjà remarqué, diverses circonstances naturelles peuvent avoir un effet sur la hausse ou la baisse du nombre d’animaux et sur la survie ou la disparition d’espèces. Il est néanmoins grave de supposer que cette dynamique s’applique également aux sociétés humaines. L’expérience montre les résultats terribles de la mise en pratique d’un tel principe.
Sous la Loi des Pauvres en application à l’époque en Grande-Bretagne, les pauvres n’étaient pas poussés à la famine, mais forcés à travailler très dur. Townsend affirmait que ces lois obligeant les pauvres à travailler débouchèrent à des difficultés et des protestations excessives. Au lieu de cela, il suggérait qu’il était plus raisonnable d’affamer la population pauvre. Selon Townsend, “la faim apprivoise les animaux les plus féroces et leur enseigne la politesse, l’obéissance et la soumission”.11 Cette attitude impitoyable et excessive provient du classement, à tort, des hommes selon leurs ressources matérielles et leurs attributs physiques. Une telle discrimination incompatible avec les valeurs morales religieuses provoqua la rupture de l’ordre social en menant au chaos, à l’anarchie et au conflit au cours de l’histoire.
Comme pour Townsend, l’histoire des chèvres et des chiens constitua la base des thèses de Malthus. Elle est également la source de l’expression “la survie du plus apte” employée par Herbert Spencer et de la notion de “l’évolution par la sélection naturelle” de Darwin.
La transposition aux êtres humains de certaines règles s’appliquant au règne animal fut une erreur majeure commise en chaîne par d’abord Townsend, ensuite Malthus, puis Spencer et Darwin. Ils virent dans les hommes des créatures sauvages qui ne pouvaient être contenues que par des mesures radicales comme la guerre, la faim et la pauvreté. Cependant, la vérité est que les hommes sont dotés d’une raison et de bon sens. Ils agissent en accord avec leur logique et leur conscience et non selon leurs instincts comme le font les animaux.
Les affirmations de Malthus ne sont pas
basées sur des données scientifiques
A l’époque, la théorie de Malthus reçut le soutien de divers cercles et servit de fondation à un certain nombre d’idéologies et mouvements pervers durant le siècle suivant. Elle ne s’appuie néanmoins sur aucune base scientifique et est criblée d’incohérences. Par exemple :
1) A l’époque où Malthus rédigea son essai, il n’avait aucune donnée à sa disposition concernant les croissances des populations. Le premier recensement national en Grande-Bretagne fut effectué en 1801, soit trois ans après la parution de son essai. Toujours est-il que pour calculer le taux de croissance de la population, Malthus aurait eu besoin des statistiques antérieures à 1801. Il n’avait, par conséquent, aucune statistique pour dessiner un schéma de croissance. Ses affirmations sont entièrement basées sur des présuppositions.
2) Malthus ne disposait pas non plus de données lui permettant de calculer la croissance des ressources alimentaires. A l’époque, il n’existait pas d’inventaire sur la superficie des terres en culture, ni sur les quantités récoltées. Une fois de plus, il se laissa aller à la conjecture.
3) La loi proposée par Malthus se contredit elle-même. Il suggérait que les populations augmentaient géométriquement. Dans ce cas-là, les populations animales et végétales devaient également augmenter géométriquement, ce qui forme la base même de la vie humaine. En pratique, cependant, les animaux, les plantes et les hommes ne se multiplient pas géométriquement. Leurs taux de croissance varient selon les circonstances dominantes. L’écosystème entier, y compris les hommes, existe au sein d’un équilibre des plus stables. L’ordre naturel est bien loin de la règle “manger ou être mangé”, c’est-à-dire de la dite lutte pour l’existence proposée par Malthus et Darwin.
En résumé, les déclarations erronées et illogiques de Darwin ne reposent sur aucune base scientifique. Pourtant cela n’empêcha pas Darwin d’élaborer sa théorie de l’évolution sur les conjectures de Malthus.
Darwin le malthusien
Dans son autobiographie, Darwin écrivit :
En octobre 1838, soit quinze mois après le début de mon enquête systématique, je lisais Malthus et son livre sur la population pour me divertir, et étant bien préparé à apprécier la lutte pour l’existence partout à partir de longues observations des habitudes des animaux et des végétaux, je fus soudainement frappé que dans ces circonstances, des variations favorables tendraient à être préservées et les défavorables seraient détruites. Le résultat serait alors la formation de nouvelles espèces. Là, je disposais enfin d’une théorie sur laquelle travailler.12
Les concepts de l’évolution par la sélection naturelle et la lutte pour l’existence prirent forme dans l’esprit de Darwin après avoir lu Malthus. Dans L’origine des espèces, Darwin admettait qu’il était complètement d’accord avec Malthus :
Il n’y a aucune exception à la règle que tout être organisé se multiplie naturellement avec tant de rapidité que, s’il n’est détruit, la terre serait bientôt couverte par la descendance d’un seul coup. L’homme même, qui se reproduit si lentement, voit son nombre doublé tous les vingt-cinq ans, et, à ce taux, en moins de mille ans, il n’y aurait littéralement plus de place sur le globe pour se tenir debout.13
Darwin décrivait la relation entre la théorie de Malthus et la thèse de la sélection naturelle ainsi :
Comme il naît plus d’individus qu’il n’en peut vivre, il doit y avoir, dans chaque cas, lutte pour l’existence, soit avec un autre individu de la même espèce, soit avec des individus d’espèces différentes, soit avec les conditions physiques de la vie. C’est la doctrine de Malthus appliquée avec une intensité beaucoup plus considérable à tout le règne animal et à tout le règne végétal... 14
Ces idées de Darwin, ayant trouvé un appui dans la pensée tordue de Malthus, ne possèdent aucune preuve scientifique. Par ailleurs, cette perspective cruelle soutient que la planification de la population peut être assurée par l’élimination des faibles et des pauvres. Cela équivaut à prêcher tout simplement l’éradication des faibles. Considérer la vie comme une jungle où la survie se fait dans une lutte impitoyable au lieu d’un havre de paix, de sécurité et de compréhension plongea les sociétés dans les pires catastrophes.
De Malthus à une vision du monde impitoyable
En dépit de la faiblesse scientifique des opinions de Malthus et Darwin, ils reçurent un vaste soutien. Nous devons en rechercher la raison dans la période où ils vivaient, c’est-à-dire dans l’Angleterre de la révolution post-industrielle. Suite à la révolution industrielle, l’aristocratie anglaise était tiraillée entre la crainte de perdre son statut et son pouvoir face à la classe ouvrière montante et son besoin en main-d’œuvre abondante et peu chère. Face à ce dilemme, la classe dirigeante anglaise tira la conclusion que “la classe inférieure” devait être affaiblie, maintenue sous contrôle, opprimée et exploitée au travail. En affirmant que les ressources alimentaires étaient insuffisantes face à la croissance rapide de la population, Malthus suggérait que la solution était d’empêcher “les ordres inférieurs” de se multiplier, impulsant un certain nombre de mesures contre les pauvres. Darwin appliqua la thèse de Malthus aux sciences naturelles et à la biologie, lui octroyant ainsi un déguisement pseudo-scientifique.
Dans son livre Social Darwinism in American Thought (Le darwinisme social dans la pensée américaine), Richard Hofstadter dit à propos du soutien de Darwin à la thèse de Malthus :
Le malthusianisme devint populaire en Angleterre… Il servit également à soulager la responsabilité des riches envers les souffrances des pauvres. Le cours des événements démontra que Malthus avait tort, mais juste lorsque sa théorie disparaissait de l’économie politique, elle reçut le nouveau soutien de la biologie darwinienne.15
Dans un article, le chercheur et écrivain Ian Taylor exprime son opinion concernant les idées dégénérées de la thèse malthusienne :
La leçon dans tout cela est que Darwin et les autres qui rejetaient Dieu et la promesse de Sa providence et de Son intervention ont trouvé dans le principe de Malthus un spectre terrifiant de tragédie et de désespoir qui les conduisit vers des propositions éthiques absurdes. Cela en dépit des faiblesses et des déficiences évidentes de l’argument de Malthus.16
Bien que la science réfuta la facette “impitoyable, désespérante et insensée” du principe de Malthus, il n’en demeura pas moins influent jusqu’à nos jours. Le livre de Ian Taylor In the Minds of Men (Dans l’esprit des hommes) résume la chaîne de cruauté qui commença avec Malthus et se termina avec Hitler :
La maxime sur laquelle Malthus basa sa pensée était ce qui allait devenir plus tard “la survie du plus apte”. La notion remonte à Condorcet, Malthus, Spencer, Wallace et Darwin. Elle proliféra enfin au point d’influencer des hommes tels que Adolf Hitler, mais nous devons nous rappeler que tout commença avec un conte de chèvres et de chiens.17
Comme nous l’avons vu, divers administrateurs et dirigeants cherchèrent à masquer leurs propres intérêts derrière les opinions de Malthus. Divers formateurs d’opinion avec leurs propres soucis idéologiques influencèrent fortement les idées suscitant l’acceptation générale. Les désastres causés par le soutien accordé à cette vision du monde cruelle furent sans commune mesure. Au fil des pages suivantes, nous examinerons comment cette perspective impitoyable lancée par Malthus gagna en force sous le nom de darwinisme social – et ce qu’il en coûta à l’humanité.
LES “BARONS VOLEURS”,
LES PARTISANS DE DARWIN
Le darwinisme est à l’origine de nombreux dangereux mouvements intellectuels, idéologies et pratiques ayant subsisté jusqu’à présent. Il est tout à fait intéressant de voir qu’il constitue la source d’idéologies complètement opposées. Le darwinisme joua un rôle dans la naissance et le développement du nazisme, du fascisme et du communisme, dans la justification des massacres racistes et communistes, ainsi que dans la validation pseudo-scientifique du “capitalisme sauvage”. En Grande-Bretagne victorienne et en Amérique en particulier, le darwinisme fut acclamé et considérablement renforcé en raison de l’appui qu’il apportait aux capitalistes impitoyables connus sous le nom des “barons voleurs”.
L’erreur essentielle du capitalisme sauvage fut de n’instaurer aucune limite à la manière d’écraser, exploiter et éliminer les entreprises plus faibles (et aussi les individus). Aujourd’hui, on résume ce principe par l’expression : “les gros poissons mangent les petits”. En d’autres termes, les petites entreprises sont éliminées – ou acquises – par les plus grandes. C’est le darwinisme appliqué au monde des affaires.
Pendant le 20ème siècle, le monde essaya deux modèles économiques différents : le modèle libéral basé sur la propriété privée et la libre intervention et le modèle socialiste reposant sur la propriété d’état et l’économie planifiée. Les économies socialistes échouèrent dans tous les pays, réduisant leurs populations à la pauvreté et à la misère. En revanche, les économies libérales exhibèrent un succès indéniable, contribuant à un meilleur bien-être des individus et des sociétés.
Or le modèle libéral en soi ne suffit pas à garantir le bien-être à une société entière. Certes, le bien-être économique de la société augmente mais tout le monde ne profite pas de cette croissance. Les pauvres restent pauvres et les dangers de l’injustice sociale commencent à croître. Pour empêcher ce danger et pour éliminer l’injustice sociale, deux choses sont nécessaires :
1) L’état doit tendre la main aux laissés pour compte et aux chômeurs, dans le cadre d’“un état social” en prenant des mesures en leur faveur.
2) Les sentiments de coopération et de solidarité requis par les valeurs morales religieuses doivent imprégner la société entière.
La deuxième condition est particulièrement essentielle, car en fin de compte elle tend à définir la première. Si une société accorde de l’importance aux valeurs religieuses et morales, alors l’économie libérale qu’elle applique pourvoira à la fois au développement économique et à la justice sociale. Les riches utiliseront une partie de leur capital acquis pour aider les pauvres et établir des programmes sociaux pour soutenir les faibles. (C’est en effet le modèle économique révélé par Dieu dans le Coran. La propriété privée existe en Islam, mais les propriétaires se doivent de consacrer une partie de leurs actifs, sous forme d’aumônes, à l’assistance aux pauvres et aux nécessiteux.)
Si une société tombe dans la dégénérescence morale, alors l’économie libérale se transforme en “capitalisme sauvage” où les pauvres et les sans-abris sont opprimés et ne reçoivent aucune aide, où les programmes d’assistance sociale sont inexistants et où l’injustice sociale est considérée non comme un problème mais comme un état “naturel” des choses.
Le modèle économique que nous critiquons ici n’est pas celui de l’économie libérale – basé sur la propriété privée et la concurrence – mais celui du capitalisme sauvage.
Sa source se trouve auprès du darwinisme social.
Ce sont les Américains qui, les premiers, mirent en application les pratiques darwinistes dans le monde des affaires. Ils furent surnommés les “barons voleurs”. Ils croyaient au darwinisme et estimaient que l’idée de “survie du plus apte” justifiait leurs pratiques impitoyables.18 Il en résulta une concurrence acharnée en affaires, conduisant parfois même au meurtre. L’unique objectif des barons voleurs était de maximiser leurs gains et d’acquérir encore plus de pouvoir. Ils n’avaient aucun intérêt dans le bien-être social, même pour leurs propres ouvriers. Des millions de vies furent ruinées avec l’entrée du darwinisme dans la sphère économique, instaurant des salaires extrêmement bas, des conditions de travail désastreuses et des horaires interminables. Le manque de mesures de sécurité expliquait les maladies, les blessures voire les morts des ouvriers.
Les cruautés des employeurs darwinistes
La révolution industrielle commencée en Grande-Bretagne et rapidement répandue dans le reste du monde vit la construction de nouvelles usines et machines. Les ouvriers étaient fréquemment blessés parce que les employeurs n’accordaient aucune valeur à la vie humaine, en particulier celle des ouvriers. Aussi refusaient-ils de prendre les précautions de sécurité nécessaires. La plupart des blessures menaient soit à la mort soit à l’amputation de membres. On estime que dans les années 1900, un million d’ouvriers périssaient, souffraient d’handicaps sérieux ou de maladies chaque année.19
Pour les ouvriers travaillant toutes leurs vies dans une usine, la perte d’un membre ou d’un organe était pratiquement inévitable. Pendant leur vie active, plus de la moitié des ouvriers souffraient de maladies ou de blessures sérieuses comme la perte d’un bras, d’une jambe, de la vue ou de l’ouïe. Les ouvriers fabriquant des chapeaux à bord rigide souffraient d’empoisonnement au mercure. Presque tous les peintres de cadran au radium finissaient avec un cancer.20
Bien que les employeurs fussent pleinement conscients des conditions de travail et des accidents, certains ne prirent aucune mesure en faveur d’une amélioration des conditions. De nombreux ouvriers des fonderies d’acier travaillaient douze heures de suite dans des températures atteignant 40 à 50°C pour de très bas salaires.21 En 1892, le président américain Benjamin Harrison résuma ces conditions de travail inhumaines en disant que chaque jour, l’ouvrier moyen américain affrontait les mêmes périls qu’un soldat en guerre.22
Certains hommes d’affaires capitalistes n’attachaient aucune importance à la vie humaine et la considéraient renouvelable. Pendant la seule construction des chemins de fer, des centaines perdirent la vie en raison des mauvaises conditions.23 L’un des exemples les plus frappants de cruauté est celui de l’entrepreneur J. P. Morgan qui acheta 5.000 fusils défectueux à 3,50$ la pièce pour les revendre à l’armée américaine pour 22$. Autrement dit, il avait perdu toute trace de sens moral au point qu’il était capable de tromper sa propre nation et de mettre en danger la vie des soldats. Les soldats qui utilisèrent ces fusils eurent les pouces réduits en bouillie.24 Les troupes poursuivirent en justice Morgan, mais perdirent parce qu’à cette époque les tribunaux émettaient des jugements favorisant les barons voleurs.25
Quand on demanda à l’un des employeurs capitalistes de construire un toit de protection pour ses ouvriers, il répondit que “ces hommes valaient moins que des tuiles” – un autre exemple de cruauté de cette époque.26
A la racine de toute cette indifférence, l’influence du darwinisme se discerne clairement. Une vision du monde qui assimile les humains à une espèce animale, qui pousse à croire à l’infériorité de certains hommes, qui fait prévaloir le pouvoir conduit inévitablement à l’oppression, à l’absence de pitié et à la cruauté.
Les dommages causés par le darwinisme
dans le monde des affaires
La plupart des entrepreneurs qui soutenaient le capitalisme effréné avaient été en réalité élevés dans la foi de Dieu. Plus tard, sous l’influence des suggestions trompeuses du darwinisme, ils abandonnèrent leur croyance. L’industriel américain Andrew Carnegie, l’un des grands noms de l’industrie de l’acier au 19ème siècle, s’était d’abord consacré au christianisme. Dans son autobiographie, il décrivait ouvertement comment lui et nombre de ses amis étaient tombés sous l’influence du darwinisme.
Pourtant, la théorie de l’évolution que Carnegie considérait comme un fait était entièrement fausse. Dans les années qui suivirent, les progrès en science révélèrent le véritable visage de cette supercherie. Cela n’empêcha pourtant pas d’autres hommes d’affaires de tomber dans la même erreur que Carnegie, en se ralliant au capitalisme sauvage. La concurrence acharnée devint ainsi parfaitement justifiée dans la mesure où elle permettait de gagner davantage d’argent et d’abandonner les valeurs altruistes liées à la vie humaine.
Carnegie estimait que la concurrence était une règle de vie inévitable, aussi élabora-t-il toute sa philosophie autour de cette idée fausse. Il défendait l’idée que bien que la loi de la concurrence fût difficile pour certains, elle valait mieux pour la race, car elle assurait la survie du plus apte dans tous les domaines.27
Carnegie fut initié au darwinisme par des penseurs dits libres et illuminés à la recherche d’une “nouvelle religion de l’humanité”, qu’il rencontra au domicile d’un professeur de l’Université de New York.28 L’un des membres du cercle intime de Carnegie n’était autre que Herbert Spencer, disciple de Darwin et l’une des plus hautes personnalités du darwinisme social. Ces entrepreneurs adoptèrent la pensée de Spencer et de Darwin, mais étaient incapables de calculer l’impasse vers laquelle ils se jetaient, eux et leurs sociétés.
Richard Milner, anthropologue au Musée Américain d’histoire naturelle et auteur de The Encyclopedia of Evolution (L’encyclopédie de l’évolution), décrit comment Carnegie tomba sous l’influence du darwinisme :
Carnegie se lança dans les affaires pour devenir un puissant magnat impitoyable exploitant l’homme et la terre, écrasant la concurrence et justifiant ses actions par la philosophie du darwinisme social. La concurrence commerciale, croyait-il, rendait service à la société en éliminant les éléments faibles. Ceux qui survivaient en affaire étaient les plus forts et méritaient par conséquent leurs positions et leurs récompenses.29
Carnegie et ceux qui partageaient ses idées commirent une grave erreur en supposant que le pouvoir et l’absence de scrupules faisaient partie de la vie des affaires. Il est parfaitement naturel que l’homme gagne sa vie afin de vivre confortablement. Il est en revanche inacceptable de faire du mal à autrui, de fermer les yeux face aux difficultés des autres au nom de la sauvegarde de ses propres intérêts ou d’opprimer afin d’augmenter son pouvoir. Dieu enjoint à l’homme d’être honnête en affaires, comme dans toutes les autres sphères, et de protéger les droits des indigents. Suggérer que l’abus des faibles ou la volonté d’éliminer ceux-ci contribue au bien de la société est un énorme mensonge.
Vers la fin de sa vie, Carnegie recourrait toujours aux expressions de Darwin dans ses conversations, déclarations et écrits. Dans son livre Andrew Carnegie, l’historien Joseph F. Wall écrivit :
Non seulement dans ses articles et ses livres publiés, mais aussi dans ses lettres personnelles à ses contemporains, Carnegie fait des allusions fréquentes et faciles au darwinisme social. Des expressions telles que “la survie du plus apte”, “l’amélioration de la race” et “la lutte pour l’existence” s’échappaient facilement de son stylo et très probablement de ses lèvres. Il voyait effectivement le commerce comme une grande lutte concurrentielle… 30
Le célèbre industriel américain John D. Rockefeller se laissa également embourber dans les suggestions darwinistes. Il est l’auteur de cette phrase : “La croissance d’une grande entreprise n’est que la survie du plus apte… le résultat d’une loi de la nature…” 31
Le voyage de Spencer en Amérique décrit par Richard Hofstadter dans Social Darwinism in American Thought (Le darwinisme social dans la pensée américaine) illustre clairement les effets du darwinisme sur le monde des affaires :
Cependant, aussi imparfaite que fut l’appréciation des invités envers les subtilités de la pensée de Spencer, le banquet montra à quel point il était devenu populaire aux Etats-Unis. Sur le dock, alors que Spencer attendait son bateau le ramenant en Angleterre, il prit les mains de Carnegie et Youmans. “Voici”, dit-il aux journalistes, “voici mes deux meilleurs amis américains”. Venant de Spencer, il s’agissait d’un rare geste de chaleur humaine. Au-delà de cela, il symbolisait l’harmonie entre la nouvelle science (le darwinisme social) et la perspective d’une civilisation commerciale.32
Certains capitalistes adoptèrent le darwinisme social parce qu’il absolvait les riches de toute responsabilité envers les pauvres. Dans les sociétés où sont préservées les valeurs morales, le riche est supposé tendre la main pour aider le pauvre et le nécessiteux. Or le darwinisme social tenta d’éliminer cette vertu. Dans The Golden Door : The United States from 1876 to 1918 (La porte dorée : les Etats-Unis de 1876 à 1918), Isaac Asimov, l’écrivain connu pour ses œuvres de science-fiction et ses livres de vulgarisation scientifique, commentait cet aspect cruel du darwinisme social :
Spencer fabriqua l’expression “la survie du plus apte” et en 1884, il argumenta par exemple que les hommes inemployables ou pesant sur la société devaient mourir au lieu de faire l’objet de secours et de charité. Une telle mesure aurait éliminé les individus faibles et renforcé la race. C’était une philosophie horrible qui pouvait être utilisée pour justifier les pires impulsions de l’être humain.33
Les partisans du capitalisme sauvage soutenaient le darwinisme tout autant que les darwinistes les soutenaient. Par exemple, William Graham Sumner prétendait que les millionnaires étaient “les individus les plus forts de la société”, déduisant par là qu’ils méritaient en conséquence des privilèges particuliers et qu’ils furent “naturellement sélectionnés dans le creuset de la concurrence”.34 Dans un article à propos du darwinisme social, dans la revue The Humanist, le professeur de philosophie Stephen Asma décrit l’appui de Spencer envers les capitalistes :
Spencer inventa l’expression de la survie du plus apte et Darwin l’adopta dans les éditions ultérieures de L’origine des espèces… Selon Spencer et ses disciples américains – des entrepreneurs tels que John D. Rockfeller et Andrew Carnegie – la hiérarchie sociale reflète les lois inflexibles et universelles de la nature. La nature se déroule de sorte que les forts survivent et les faibles périssent. Ainsi, les structures économiques et sociales qui survivent sont “plus fortes” et meilleures, tandis que celles qui ne résistent pas sont évidemment vouées à couler.35
Mais les valeurs spirituelles et leur préservation représentent l’élément principal dans le progrès des sociétés. Là où l’esprit de coopération et de solidarité est fort, les hommes font preuve de compassion et respectent ce qui permet de surmonter plus facilement les difficultés économiques. Or quand les relations humaines disparaissent, quand les hommes manquent de compassion et de compréhension, quand les hommes considèrent leurs semblables comme des rivaux, les effets destructeurs commencent à émerger, en dépit du progrès économique. Par conséquent, tous les individus d’une société doivent proposer des solutions pour accroître la qualité de vie et le bien-être, pour contribuer à un environnement où les hommes peuvent jouir d’une sécurité économique et psychologique. Cet idéal n’est accessible qu’en ayant un mode de vie respectueux des valeurs morales religieuses. Il fut prouvé qu’aucun mouvement ni idéologie incompatible avec les valeurs morales religieuses ne peut garantir le bien-être, la paix et la sécurité auxquels aspirent les êtres humains.
Le capitalisme sauvage : le produit combiné
du darwinisme social et de l’incroyance
Depuis le 19ème siècle, les capitalistes darwinistes ont prétendu que seuls les riches et puissants avaient le droit de vivre et que les pauvres, les faibles, les handicapés et les malades étaient des “fardeaux inutiles”, établissant des systèmes oppressifs dans de nombreux pays. Dans ce climat de concurrence acharnée, il était parfaitement justifié d’exploiter, d’intimider, de menacer, de blesser et même de tuer des hommes. Aucune forme d’activités immorales ou illégales n’était contenue ou condamnée, puisqu’elles étaient “compatibles avec les lois de la nature”.
Dans les pays où les valeurs morales religieuses n’existent pas, ce système perdure. L’écart entre les riches et les pauvres augmente à un taux toujours plus grand et les conditions de vie des pauvres sont ignorées. La propagande du darwinisme social veut que la protection et le secours envers les indigents et les nécessiteux constituent une violation des lois de la nature. Puisque ces individus sont perçus comme un fardeau, ils ne doivent pas recevoir d’aide.
De grandes différences entre les niveaux de vie existent au sein d’un même pays ou entre deux pays. A mesure que le bien-être augmente rapidement en Occident, la famine, la maladie et la pauvreté ravagent les pays du Tiers Monde, où les hommes meurent d’être négligés. Alors que si les ressources mondiales étaient utilisées de marnière rationnelle et consciencieuse, les besoins de tous sauraient être satisfaits.
Afin d’employer les ressources mondiales humainement, il est essentiel d’éradiquer l’influence intellectuelle du darwiniste de la surface de la terre. Il suffit de substituer les opinions et la perspective darwiniste par les valeurs morales du Coran pour résoudre naturellement les problèmes. Le darwinisme inculque des idées de concurrence acharnée et d’oppression des pauvres tandis que les valeurs morales religieuses invitent à la compassion, à la protection, à la coopération mutuelle, à la solidarité et au partage. Notre Prophète (pbsl) disait dans un hadith :
“N’est pas croyant celui qui mange alors que son voisin a faim.”36
Ces sages paroles du Prophète (pbsl) laissent entendre l’affection et la compassion des musulmans.
Dans de nombreux versets, Dieu enjoint l’amour, la compassion, l’empathie et l’altruisme en donnant des exemples de comportement moral correct. Alors que le darwinisme social valide la manipulation des pauvres par les riches à des fins d’ascension, les valeurs morales islamiques ordonnent aux riches de protéger les indigents. Des versets à ce sujet suivent :
Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier de Dieu. Qu'ils pardonnent et absolvent… (Sourate an-Nur, 22)
Ils t'interrogent : “Qu'est-ce qu'on doit dépenser ?” Dis : “Ce que vous dépensez de bien devrait être pour les pères et mères, les proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents… ” (Sourate al-Baqarah, 215)
… Mangez-en vous-mêmes et faites-en manger le besogneux pauvre. (Sourate al-Hajj, 28)
Sur les biens desquels il y a un droit bien déterminé pour le mendiant et le déshérité. (Sourate al-Maarij, 24-25)
Ils offrent la nourriture, malgré leur amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier, disant : “C'est pour le visage de Dieu que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. Nous redoutons, de notre Seigneur, un jour terrible et catastrophique”. (Sourate al-Insan, 8-10)
Dans le Coran, Dieu révèle la punition de ceux qui ne secourent pas les faibles et les pauvres :
Ils demanderont au sujet des criminels : “Qu'est-ce qui vous a acheminé à Saqar ?” Ils diront : “Nous n'étions pas de ceux qui faisaient la prière et nous ne nourrissions pas le pauvre.”(Sourate al-Muddattir, 41-44)
Puis, liez-le avec une chaîne de soixante-dix coudées, car il ne croyait pas en Dieu, le Très Grand, ni n'incitait pas à nourrir le pauvre. Il n'a pour lui ici, aujourd'hui, point d'ami chaleureux. (Sourate al-Haqqah, 32-35)
Il ne faut pas oublier que c’est Dieu Tout-Puissant, le Seigneur de toute existence et de tout l’univers qui accorde les gains et les succès. Un individu ne s’enrichit pas en s’adonnant à une concurrence sauvage dans “la lutte pour l’existence” ou en opprimant les faibles. Dieu distribue les richesses parmi les hommes afin de les éprouver. Le riche est en réalité testé par sa richesse, comme Dieu le révèle dans ce verset :
Nous avons placé ce qu'il y a sur la terre pour l'embellir, afin d’éprouver les hommes et de savoir qui d'entre eux sont les meilleurs dans leurs actions. (Sourate al-Kahf, 7)
L’homme est, par conséquent, responsable du meilleur usage de tous ces bienfaits accordés par Dieu, afin de gagner Son agrément. Le véritable croyant agit pleinement conscient que tout ce qu’il possède est un bienfait de Dieu et que Dieu peut à tout moment accroître ses biens ou les lui retirer.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire